Alger 1962
le Palais du gouvernement
jardin de l’horloge florale abritant le monument aux morts 1914/18

L’indépendance de l’Algérie enfin proclamée, le peuple algérien, dans une explosion de joie sans pareille, manifesta durant des semaines entières dans les rues pour célébrer sa victoire. En effet, tout au long de ces sept années de guerre, il avait été le véritable héros, comme on pouvait d’ailleurs le lire sur les murs : « Un seul héros, le Peuple. »
En ce temps-là, c’était le branle-bas de combat au « quartier général » du G.P.R.A., à Tunis. Le Gouvernement provisoire devait faire face à plusieurs échéances et relever de nombreux défis. Il lui fallait notamment préparer la gouvernance d’un pays nouvellement indépendant, qui sortait à peine de l’un des plus grands désastres humains de l’après-Seconde Guerre mondiale. Dans ces circonstances, il n’était pas question de laisser filer ce qu’il y avait de plus précieux : le temps.
Trois mois après son retour de Budapest, le G.P.R.A. lui ordonna de quitter la Tunisie au plus tard le 20 septembre, tout en le désignant, pour cette même date, comme responsable du bureau de vote à Constantine.
Pour rappel, dans le cadre des accords d’Évian, une ordonnance avait été prise afin de fixer les modalités de l’élection des membres de l’Assemblée nationale constituante. Ce texte fondateur devait organiser le tout premier scrutin législatif de l’Algérie indépendante, une Algérie alors placée provisoirement sous la présidence d’Abderrahmane Farès.
Au mois de novembre 1962, il se trouvait déjà au Palais du Gouvernement, siège provisoire de la présidence de la République, où il exerçait les fonctions de chargé de mission.
Alger 1963 le président dévoile à la surprise du journaliste sa préoccupation numéro 1
Mille préoccupations occupaient l’esprit du président nouvellement installé aux commandes du pays. Parmi ses priorités figurait la nécessité de mettre de l’ordre dans la situation des biens vacants — terres agricoles, immeubles, engins et matériels de toutes sortes — laissés par les colons au lendemain de l’indépendance.
Il fallait, dans un premier temps, recenser ces biens et en réglementer la gestion. La tâche était d’autant plus délicate que, sous l’impulsion de l’OAS, de nombreux colons avaient saccagé leurs propres biens avant de quitter l’Algérie, tandis que d’autres avaient fait expédier par bateau une partie de leur matériel agricole. Mais le problème le plus important demeurait celui des terres agricoles abandonnées : il devenait urgent de définir une politique permettant d’en assurer la prise en charge et la mise en valeur.
Celui qui allait être chargé de contribuer à la mise en œuvre de cette politique fut Mohamed Chérif Mosteghanemi.
Dans ce cadre, Mohamed Chérif devait notamment veiller à ce que les préfets prennent correctement en charge les directives présidentielles. Cette mission l’amena à effectuer plusieurs déplacements en voiture à travers le pays, afin de suivre sur le terrain l’application des décisions prises au plus haut niveau de l’État.
ÉCOSYSTÈME
Positive growth.
les enjeux liés à la gestion des biens vacants, ainsi que les convoitises que suscitèrent les terres abandonnées par les colons, n’échappèrent pas au président. C’est dans ce contexte qu’en 1963 vit le jour une émission radiophonique animée par Mohamed Chérif, alors directeur du B.N.A.S.S.
Ses journées étaient particulièrement chargées. Le jour, il travaillait au Palais du Gouvernement



Le soir, il regagnait son domicile, où il ne s’accordait qu’une heure ou deux de repos avant de se remettre au travail. Il prenait alors sa plume pour rédiger le texte qu’il devait lire à la radio.
Certains soirs, il devait également se rendre tardivement à la préfecture d’Alger pour assister aux réunions consacrées à la mise en œuvre de la politique d’alphabétisation.
ÉCOSYSTÈME
Positive growth.
Ainsi, entre les responsabilités qui lui étaient confiées au sein de l’administration, ses déplacements à travers le pays et son engagement dans les programmes radiophoniques et d’alphabétisation, Mohamed Chérif poursuivait, dans les premières années de l’Algérie indépendante, un travail aussi discret qu’intense au service de la construction du nouvel État.



Malgré le poids de ses responsabilités et la charge de travail qui lui incombait, Mohamed Chérif ne s’était pas pour autant détourné du monde du travail ni de la vie syndicale. Après avoir collaboré, à Tunis, au journal L’Ouvrier Algérien, il poursuivit cet engagement en collaborant au journal Révolution et Travail.
ÉCOSYSTÈME
Positive growth.
En 1963, le jeune État algérien était secoué de toutes parts. La gouvernance vacillait sous le poids des conflits politiques internes, tandis que, sur ses frontières occidentales, le Royaume du Maroc revendiquait certains territoires algériens, donnant lieu à des affrontements militaires.
Les sept années de guerre avaient profondément bouleversé le pays, provoquant un véritable séisme multidimensionnel. L’indépendance, acquise au prix de tant de sacrifices, était loin d’être un aboutissement paisible : tout était à reconstruire, ou presque.
Dans l’urgence, il fallait notamment instaurer les bases d’une justice sociale et permettre au peuple algérien de travailler la terre afin de subvenir à ses besoins. Mais le temps pressait, les moyens étaient limités et il n’était guère possible, dans ce contexte, de rechercher la formule idéale. C’est finalement le choix de l’autogestion agricole qui s’imposa.
Cette nouvelle organisation était cependant loin de répondre à toutes les aspirations, notamment à celles de nombreux fellahs et anciens propriétaires terriens. Il fallait désormais structurer et organiser le monde agricole algérien autour de ce nouveau projet, en mettant en place les moyens humains et matériels nécessaires à son fonctionnement.
C’est à ce stade qu’intervient Mohamed Chérif, appelé à prendre la direction du Bureau national d’animation du secteur socialiste (B.N.A.S.S.).



À l’instar de ce qu’il avait été à Constantine puis à Tunis, c’est-à-dire un homme tout entier porté par ses convictions politiques et qui mettait toute son énergie au service de ses idéaux patriotiques, Mohamed Chérif demeura le même au lendemain de l’indépendance de l’Algérie.
Malgré le poids de ses responsabilités, il n’hésitait pas à accepter de nouvelles missions. Il consacrait notamment une partie de son temps à intervenir quotidiennement à la radio, où il se faisait le pédagogue de l’autogestion, tout en dénonçant les dérives qui pouvaient accompagner sa mise en pratique.
Il fut, pour ainsi dire, l’un des observateurs attentifs de la bonne marche du secteur agricole. Cette vigilance, qui ne devait certainement pas plaire à tout le monde, lui valut d’être confronté à trois tentatives d’assassinat, dont l’une se déroula au niveau même de l’immeuble où il résidait.
Suite aux tentatives de son assassinat , il lui fut remis un pistolet pour se défendre
11 Mai 1964


manuscrit de Mohamed Cherif
1963/1964
Mission urgente en URSS et Yougoslavie
18 décembre 1963

Combien étaient-ils, en Algérie, en 1963, à mesurer le risque imminent de voir la population confrontée à la famine ? Pourtant, cette menace était bien réelle.
Les colons et l’O.A.S. avaient cherché à faire en sorte que l’Algérie indépendante hérite d’un secteur agricole profondément désorganisé et dévasté. Ils étaient, en grande partie, parvenus à leurs fins.
C’est précisément pour éviter que cette situation ne compromette davantage l’avenir du pays que Mohamed Chérif fut envoyé en mission, à la fois en Union soviétique et en Yougoslavie.
Il s’agissait de solliciter auprès de ces deux pays, qui avaient soutenu la guerre de libération nationale, une aide concrète et urgente : fournir à l’Algérie le matériel agricole qui lui faisait cruellement défaut, mais aussi mettre à sa disposition des équipes d’ingénieurs et de techniciens agricoles capables d’accompagner et d’encadrer la reprise de l’activité.
Cette mission s’inscrivait ainsi dans une préoccupation essentielle : permettre à l’Algérie nouvellement indépendante de remettre rapidement en état son outil agricole et d’assurer à sa population les moyens de subvenir à ses besoins.
les enjeux de
post-indépendance
Extrait de l’article du journaliste : Julius Maina au sujet des biens vacants.
« L’exode des français entre mars et juillet 1962 a laissé un nombre important de biens vacants et de matériels détruits par les propriétaires. Ainsi alors que l’on dénombre 5600 tracteurs en Algérie en 1956 il n’en reste qu’un peu moins de 1000 tracteurs en 1962.
Les récoltes risquent d’être perdues. La Yougoslavie qui avait largement soutenu le F.L.N lors de la guerre d’indépendance est venu au secours du gouvernement Algérien en lui fournissant les tracteurs dont il avait besoin mais aussi du personnel qualifié en matière agricole .d’autant que 35000 ingénieurs Français quittèrent l’Algérie entre Mars et Juillet 1962."
Il suffit de lire cet article (carré vert ) pour avoir une idée de l’état dans lequel se trouvait l’Algérie à la veille de l’indépendance et l’un des plus difficiles à résoudre fut le risque imminent de disette.
C’est dans ce contexte difficile où l’on finissait pas de dénombrer nos martyrs tout en réfléchissant sur le risque de famine que fut désigné Mohamed Cherif à la tête d’un des services les plus névralgiques B.N.A.S.S
1963 année de tous les dangers


Sans doute n’avons-nous pas de questions à poser qui soient sans réponse. Nous devons faire confiance à la perfection de la création au point de croire que, quelle que soit la curiosité que l’ordre des choses a éveillée dans notre esprit, l’ordre des choses peut la satisfaire. La condition de chaque homme est une solution en hiéroglyphes aux questions qu’il poserait.
jjjjhjjh
The voyage had begun, and had begun happily with a soft blue sky, and a calm sea.
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